Comment en finir avec l’obsolescence programmée?

A l’heure où notre environnement regorge de déchets, il serait bon d’en finir avec l’obsolescence programmée, une conséquence directe de notre société ultra-consommatrice. Les entreprises ont pour unique objectif de faire un maximum d’argent, en dépit du bon sens bien souvent, et surtout au détriment de notre environnement. Nous, on y participe grandement, même si on le subît également. Mais que peut on y faire ?

Qu’est ce que l’obsolescence programmée ?

L’obsolescence programmée, c’est l’art de créer des produits dans le but qu’ils ne durent pas longtemps. Ce mode de fonctionnement est apparu au début du XX siècle aux Etats-Unis, les fabricants s’étant vite rendu compte que vendre des produits avec une longévité trop grande c’était la fin du commerce. Par exemple, à l’époque, des ampoules à incandescence d’une durée de vie de 100000 heures ont été inventées (il existe d’ailleurs une ampoule allumée en 1901 qui éclaire encore de nos jours). Dans les faits, les industriels se sont arrangés pour produire des ampoules qui ne durent que 1000 heures.. Business is business !!!

L’objectif de l’obsolescence programmée est clair et limpide : nous pousser à la consommation. Les techniques sont variables par contre, et c’est ce que nous allons voir au travers d’exemples de l(m)a vie quotidienne, que nous rencontrons tous un jour ou l’autre.

Des produits à faible durée de vie

Il suffit de parler avec des personnes âgées pour se rendre compte du phénomène actuel. Par exemple, mes grand parents ont gardé leur frigo pendant plus de 30 ans. Moi j’en suis à mon 3ème en 15 ans ! Dans les deux cas, c’était un simple frigo de moyenne gamme.

Cet exemple montre bien que plus ça va, et plus nos objets sont conçus pour avoir une espérance de vie courte, histoire que l’on en change plus souvent. Je ne compte pas le nombre de produits high tech que j’ai achetés, et qui sont tombés en panne dans le mois qui a suivi la fin de la garantie. Il faut croire que c’est calculé pile poil ! A moins que je n’ai pas de chance .

Et que dire des batteries de téléphones ou d’ordinateurs portables ? Au bout d’un an ou deux leur durée est quasiment nulle, et l’achat d’une nouvelle batterie coûte bien plus cher que la valeur de l’appareil…

La multiplication des formats

Certainement ce qui me fait le plus pester ! Moi et mon homme, nous avons tous deux un smartphone de même marque, mais de modèle différent. Et bien les batteries ne sont pas les mêmes, de même que les chargeurs. A la maison, j’ai un tiroir plein d’accessoires diverses de téléphones portables.

Voilà, à chaque fois que vous achetez un nouveau téléphone, vous avez un nouveau chargeur donc, un nouveau kit main libre.. Autant de produits dont on pourrait se passer si il existait un seul modèle. Autant je peux l’admettre entre deux marques différentes, mais sur une même marque il y a quand même de l’abus !!

Et que dire de notre télévision, de même marque que notre home cinéma, mais qui ne sont pas compatibles entre eux, tout comme leurs télécommandes par ailleurs..

Des produits vite démodés

Après les vêtements et ses modes automne/hiver et printemps/été qui changent chaque année, c’est de le domaine du high Tech qui s’est emparé du principe des modes, et avec un impact encore plus important sur l’environnement.

Un des grands artisans c’est la marque de la pomme, qui chaque année propose un nouveau modèle révolutionnaire de ses produits phares. Résultat, au bout de 2 ans un produit est complètement has been. Euh, à la base c’était pas juste pour téléphoner ? C’est vrai que le domaine des hautes technologies avance vite, très vite, trop vite. Mais ne pourrait on pas sauter un ou deux modèles intermédiaires pour ne proposer des nouveautés que tous les 3-4 ans ? Pas très commercial peut-être, mais beaucoup plus sain pour la planète..

Une petite touche d’humour pour détendre l’atmosphère, et qui explique en deux minutes le principe même de l’obsolescence programmée:

Qui sont les fautifs ?

Il ne faut pas se leurrer, on est tous coupables ! Même si certains le sont bien entendu plus que d’autres..

Les entreprises

On le voit bien avec l’exemple de l’ampoule, où les industriels s’étaient accordés pour faire une ampoule à durée limitée. Ils fabriquent des objets dans le but qu’ils ne durent pas trop longtemps, de sorte que l’on soit obligé de le racheter sous une nouvelle forme peu de temps après. Quelque part, ça peut se comprendre, sinon c’est la mort de leur entreprise, mais il faudrait peut être trouver un juste milieu. Quel est l’intérêt de faire un chargeur adapté à chaque téléphone, si ce n’est gagner un peu de sous en plus au détriment de la nature qui croule sous les déchets ?

Nous! Et oui..

Et bien on joue le jeu à fond ! Il faut suivre la mode, on ne peut pas se permettre de mettre un pantalon qui sort du temps! Le plus drôle c’est certainement de voir de vieux objets ou vêtements revenir à la mode quelques années après, mais il faut quand même en racheter car on avait jeté les vieux démodés..

Pareil pour les produits High Tech, quand le nouvel iphone sort, combien se jettent dessus alors qu’ils ont déjà le précédent en poche ?

L’Etat

Qui est chargé de réguler tout ça ? De prendre en charge notre présent et notre avenir, de penser à faire évoluer notre économie sans détruire notre futur en polluant allégrement l’environnement ? Les mêmes qui ne font rien, qui regardent sans réagir parce que il ne faut pas froisser les grands de ce monde qui ont plein de sous en poche. Rien ! aucune loi n’est faite pour essayer d’enrayer le problème de la surconsommation, tout juste quelques spots publicitaires pour nous dire, à nous particuliers, de faire attention à nos déchets..

Comment faire évoluer les choses ?

Il ne faut pas être naïf, l’argent c’est le nerf de la guerre. L’écologie deviendra prioritaire pour les entreprises le jour où cela leur fera gagner de l’argent de penser à l’environnement. Et qui peut les inciter à changer, si ce n’est les consommateurs ? Qui en plus ont le pouvoir de peser sur les décisions de l’Etat par le biais des élections ?

A nous de jouer…

C’est donc à nous de faire évoluer les choses, en changeant nos habitudes, notre manière de consommer, ou en incitant les entreprises à évoluer positivement. Un exemple de concept qui commence à se développer : le carrotmob. Cette idée, qui se développe surtout pour des entreprises locales énergivores, consiste à les inciter à réduire leur consommation d’énergie en leur amenant sur quelques heures des centaines de clients. En échange l’entreprise promet d’utiliser une partie des bénéfices pour améliorer ses installations. Voilà une très bonne idée, qui pourrait pourquoi pas être réalisée à grande échelle sur des grandes marques.

On pourrait aussi de plus en plus se focaliser sur les produits à longue durée de vie plutôt que sur les plus gadgetisés. Si on est suffisamment, cela poussera les marques à changer de point de vue. Le problème, c’est que ce sont souvent des produits chers à l’achat, mais ils sont par contre rentables sur le long terme.

Autre chose, il faut moins jeter et beaucoup plus recycler. La crise a parfois du bon d’ailleurs, car les achats et vente d’occasion se développent de plus en plus. Tout simplement car plutôt que de jeter à la poubelle, les gens préfèrent récupérer un peu de sous, et beaucoup aussi n’ont plus de quoi acheter des choses neuves. L’occasion, mais aussi le troc ou la location sont autant de services à utiliser pour ne pas encombrer nos poubelles avec des objets qui ont très peu servis. La crise nous pousse aussi à moins consommer, et donc à moins polluer.

.. Et à nos gouvernants d’agir

En tant qu’électeur, il faut donner un poids plus important à l’écologie, histoire de montrer aux dirigeants que l’avenir de notre planète est une de nos principales préoccupations. L’Etat ne peut rien faire contre l’obsolescence programmée ! Voilà ce que beaucoup pensent, moi je pense le contraire. La durée des garanties, par exemple, est imposée par la loi en fonction du type de produit. Il suffirait de l’augmenter pour que les industriels fassent en sorte que leurs produits durent plus longtemps.

Autre chose qui pourrait être imposée, c’est que les entreprises soient responsables de leurs produits, donc de leur recyclage mais aussi de leur impact sur l’environnement. En gros, on achète un téléphone, et une fois qu’il est cassé on le rend à l’industriel qui doit ensuite s’en occuper. Aujourd’hui ce sont les collectivités, donc nous, qui payons pour le recyclage, mais personne ne paie pour l’impact sur l’environnement… Enfin si, nos enfants.

Pour ceux qui veulent en savoir plus, voici un très bon reportage diffusé sur Arte: Prêt à jeter

http://www.youtube.com/watch?v=2PdX-2rGBSc